Cette rubrique a pour but de répondre de manière très succincte aux questions les plus récurrentes en matière de droit successoral.
Nous avons retenu les dix questions fondamentales suivantes :
1. A quel âge faut-il commencer à se préoccuper et préparer sa succession ?
Il n'y a pas de bon ou mauvais moment. Il n'est jamais trop tôt pour planifier sa succession. Mais bien souvent l'être humain refuse de penser à sa mort et donc a fortiori à sa succession. En règle générale, c'est un événement particulier qui le fait réfléchir et entamer une démarche.
2. Quid si rien n'est prévu ?
Si le défunt n'a rien prévu, il faut se référer aux dispositions du Code Civil Suisse en matière de droit successoral, ainsi qu'au régime matrimonial choisi.
3. Quand faut-il faire un testament ?
Tout d'abord, la personne doit regarder ce que le droit prévoit en cas de succession pour voir si cela convient ou pas. Le testament devient nécessaire si le défunt désire favoriser l'un de ses héritiers, faire des legs, prévoir un usufruit, donner des instructions pour le partage ou nommer un exécuteur testamentaire.
4. Comment rédiger son testament pour qu'il soit valable ?
Pour être valable, le testament doit avoir été rédigé par une personne âgée de 18 ans au moins et capable de discernement.
Par ailleurs, le document doit respecter les formes légales et les limites prescrites par le Code Civil Suisse.
Les formes admises sont au nombre de trois :
- le testament olographe, rédigé, daté et signé de la main du testateur,
- le testament public ou authentique, rédigé par un notaire selon les indications du testateur et devant deux témoins.
- le pacte successoral, contrat passé devant notaire et témoins entre le testateur et ses héritiers.
5. Quand faut-il recourir au pacte successoral plutôt qu'au testament ?
Le pacte successoral, conclu devant notaire et témoins, permet au disposant et à ses héritiers de se mettre d'accord sur la succession, ce qui n'est pas négligeable.
Cette forme trouve tout son sens lorsqu'un héritier désire renoncer à sa réserve ou à une succession future en faveur d'un autre héritier ou en échange d'une donation immédiate. La résiliation du pacte successoral n'est en principe possible qu'avec l'accord de toutes les parties.
6. Qui va évaluer les biens et comment ?
C'est la valeur du marché, à savoir la valeur vénale qui est déterminante.
Pour les biens mobiliers, on retiendra en général la moitié de la valeur de l'assurance incendie.
Pour les biens immobiliers, on prendra le 80 % de l'estimation fiscale.
Dans le cas d'objets anciens, de tableaux, etc, une estimation est beaucoup plus compliquée et elle sera faite par un expert.
7. Combien paie-t-on d'impôt sur la succession ?
Le régime fiscal en matière successorale varie d'un canton à un autre en fonction du lien de parenté avec le de cujus, ainsi que du montant de l'héritage.
Dans une majorité de cantons, les héritiers directs, c'est-à-dire le conjoint et les enfants, parfois même les parents en sont exemptés.
Quant à l'impôt communal s'il est dû, son taux représente une fraction de l'impôt cantonal.
C'est le lieu du dernier domicile du défunt qui est pris en compte, sauf pour les immeubles, qui sont taxés là où ils se situent.
8. Comment léguer une entreprise sans obliger mes héritiers à la vendre pour payer les impôts ?
La transmission d'une entreprise est très complexe et ses enjeux sont considérables aussi bien pour les héritiers que les éventuels employés. Il est donc important de demander conseil à des professionnels et de planifier les choses le plus tôt possible.
Il faudra notamment veiller, à prévoir des liquidités suffisantes pour que le ou les héritiers puissent supporter l'impôt.
Nous traiterons ce cas très important et délicat dans une autre rubrique.
9. Si je suis propriétaire de biens immobiliers, situés en Suisse ou à l'étranger, que va-t-il se passer ?
Précisons d'abord que pour les biens mobiliers, qu'ils soient en Suisse ou à l'étranger, la compétence du règlement de la succession, comme pour la taxation fiscale, revient aux autorités du dernier domicile du défunt.
En revanche, pour les biens immobiliers, le lieu de situation est déterminant. Dès lors, le propriétaire d'un bien immobilier à l'étranger doit absolument se renseigner auprès d'un notaire ou d'un expert sur le droit applicable dans le pays. Ensuite, il doit prendre les mesures utiles pour faciliter la succession et éventuellement l'optimiser sur le plan fiscal.
10. Est-on obligé d'accepter une succession ?
Non, les héritiers peuvent la répudier. C'est souvent le cas si les dettes de la succession sont supérieures aux actifs. Ils disposent de trois mois, dès le jour du décès, pour le faire. Si tous les héritiers la refusent, la succession est alors liquidée par voie de faillite.
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